Un DHF ne se fige pas. Ce qu’on gèle à un dépôt, c’est une configuration.
« On fige le DHF avant le dépôt. » Un réflexe courant — et une confusion entre deux objets qui n’ont rien à voir.
Le DHF, le dossier de conception, est le journal de bord du logiciel. Il enregistre tout : exigences, choix, risques, tests. Par nature, il est vivant. Il n’est pas censé s’arrêter à une date.
La configuration, elle, est l’état daté du produit à un jalon : la version déposée, évaluée, marquée. Elle ne « contient » pas la conception, elle pointe vers les éléments précis du logiciel à une date précise. Le DHF référence tout ; la configuration pioche dedans.
Confondre les deux, c’est s’imposer le pire : un DHF qui se dédouble, un ancien qu’on met de côté, des versions qu’on ressort parfois, qu’on fusionne parfois. Jusqu’à un versioning chaotique où plus personne ne sait ce qui est réellement documenté. La bonne frontière ? À un dépôt, on date et on verrouille la configuration — c’est ce qui permet à l’auditeur de reconstituer l’état exact évalué. Le DHF, lui, continue de vivre.
